MaPrimeRénov’ : ce qui change pour vos travaux

MaPrimeRénov' pour les travaux

Vous prévoyez d’isoler votre maison, de remplacer votre chauffage ou de vous lancer dans une rénovation énergétique plus importante ? En 2026, MaPrimeRénov’ continue de financer de nombreux projets, mais les règles ont évolué.
Entre la rénovation d’ampleur, le parcours par geste, le nouveau calcul du DPE, les démarches désormais centralisées sur France Rénov’ et une nouvelle restriction concernant le chauffage au gaz à compter de septembre, il peut être difficile de savoir ce qui s’applique réellement à son projet.

MaPrimeRénov’, toujours deux grands parcours

Pour un propriétaire individuel, MaPrimeRénov’ repose principalement sur deux dispositifs. Le Parcours par geste concerne les ménages souhaitant réaliser un ou plusieurs travaux ciblés, comme l’installation d’une pompe à chaleur, l’isolation d’une toiture ou le remplacement de fenêtres en simple vitrage. Le Parcours accompagné, aussi appelé rénovation d’ampleur, concerne des projets associant plusieurs travaux destinés à améliorer fortement la performance énergétique du logement.

Le choix entre les deux ne dépend donc pas uniquement du montant du chantier. Il dépend surtout de la nature des travaux, du niveau de performance énergétique du logement et du gain attendu après rénovation.

C’est particulièrement important en 2026, puisque les deux parcours ne financent pas exactement les mêmes opérations.

La rénovation d’ampleur concerne désormais les logements classés E, F ou G

Pour bénéficier de MaPrimeRénov’ dans le cadre d’une rénovation d’ampleur, le logement doit actuellement être classé E, F ou G avant les travaux et avoir été construit depuis au moins 15 ans en métropole. Le dispositif est ouvert aux propriétaires occupants comme aux propriétaires bailleurs.

Le chantier doit permettre de gagner au moins deux classes sur le DPE. Passer d’un logement classé F à D peut par exemple correspondre aux critères du dispositif.

Il ne suffit cependant pas de remplacer uniquement le chauffage. Le projet doit comprendre au minimum deux postes de travaux portant sur l’enveloppe du bâtiment, parmi l’isolation des murs, des planchers bas, de la toiture ou le remplacement des fenêtres. Pour chaque poste retenu, une part minimale de la surface du logement doit être traitée.

L’objectif est donc clairement d’encourager les rénovations capables de transformer durablement les performances du logement plutôt qu’une simple succession de petits travaux indépendants.

Des montants qui dépendent toujours des revenus et du gain énergétique

Pour une rénovation d’ampleur, l’aide est calculée en pourcentage du montant hors taxes des travaux. Plus les ressources du ménage sont modestes, plus le taux de prise en charge peut être élevé.

En 2026, le taux peut atteindre 80% pour les ménages aux ressources très modestes, contre 60% pour les ménages modestes, 45% pour les ménages intermédiaires et 10% pour les ménages aux ressources supérieures. Le plafond de dépenses retenu est de 30 000€ HT pour un gain de deux classes énergétiques et de 40 000€ HT pour un gain de trois classes ou davantage.

Projet de rénovation d’ampleurPlafond de dépenses retenuAide maximale selon les revenus
Gain de 2 classes au DPE30 000€ HTDe 10% à 80%
Gain de 3 classes ou plus40 000€ HTDe 10% à 80%

Il faut toutefois distinguer le taux de prise en charge de la somme réellement versée. Le montant final dépend du coût des travaux, des revenus du foyer et des autres aides perçues.

Le cumul des aides est lui-même plafonné. Pour les ménages très modestes, il peut aller jusqu’à 100 % du coût TTC des travaux, contre 90 % pour les ménages modestes, 80 % pour les revenus intermédiaires et 50 % pour les revenus supérieurs.

Le DPE a changé en 2026

Autre évolution importante : depuis le 1er janvier 2026, la méthode de calcul du diagnostic de performance énergétique a changé pour l’électricité.

Le coefficient permettant de convertir l’électricité consommée en énergie primaire est passé de 2,3 à 1,9. Cette modification peut améliorer le classement énergétique de certains logements chauffés à l’électricité.

Cela peut avoir une conséquence directe sur MaPrimeRénov’, puisque l’étiquette énergétique du logement intervient dans l’accès au parcours de rénovation d’ampleur.

Vous possédez déjà un DPE établi avant 2026 ? Il ne devient pas automatiquement invalide. S’il est toujours valable, vous pouvez conserver votre diagnostic et, lorsque le nouveau calcul améliore votre étiquette, obtenir gratuitement une attestation actualisée, sans nouvelle visite du diagnostiqueur.

Avant de construire votre plan de travaux à partir d’un ancien DPE, il peut donc être intéressant de vérifier si votre classement a évolué.

Le parcours par geste est désormais plus ciblé

MaPrimeRénov’ permet toujours de financer des interventions individuelles, mais la liste des travaux aidés en métropole est plus restreinte.

Elle comprend notamment certaines pompes à chaleur, des équipements solaires, la dépose d’une cuve à fioul, l’isolation des rampants de toiture et des combles, l’isolation des toitures-terrasses, le remplacement de parois en simple vitrage ou encore certaines VMC double flux.

Tous les travaux d’isolation ne sont donc pas automatiquement couverts par le parcours par geste. Par exemple, l’isolation des murs ne figure plus parmi les gestes d’isolation actuellement financés par ce parcours en métropole, contrairement à la rénovation d’ampleur où elle peut faire partie du programme global.

Avant de signer un devis, mieux vaut donc vérifier que l’opération prévue correspond bien à la liste en vigueur.

À partir du 1er septembre 2026, le gaz devient un point crucial

C’est l’un des changements les plus importants de cette rentrée.

À compter du 1er septembre 2026, une maison individuelle faisant l’objet d’une nouvelle demande MaPrimeRénov’ pour une rénovation d’ampleur ne pourra plus conserver un système de chauffage au gaz après les travaux. Le projet devra prévoir une décarbonation du chauffage et de la production d’eau chaude sanitaire lorsqu’ils reposent encore sur une chaudière au gaz.

Autrement dit, réaliser une isolation importante tout en conservant ou renouvelant une chaudière gaz ne permettra plus d’obtenir l’aide dans ce parcours pour un nouveau dossier déposé à partir de cette date.

Les maisons déjà équipées d’un chauffage décarboné restent, elles, soumises aux conditions habituelles.

Cette évolution peut avoir un impact important sur le budget d’un chantier. Si vous envisagiez uniquement d’isoler le logement en conservant une chaudière gaz récente, le projet devra peut-être être revu pour intégrer un changement de système de chauffage.

Les démarches passent désormais par France Rénov’

Autre nouveauté très récente : depuis le 17 août 2026, France Rénov’ est devenu le point d’entrée numérique unique pour les aides gérées par l’Anah.

La création du compte permettant de demander MaPrimeRénov’, MaPrimeAdapt’ ou Ma Prime Logement Décent se fait désormais depuis France Rénov’. Le nouvel espace utilise notamment FranceConnect+ pour renforcer la sécurité et limiter les risques de fraude et d’usurpation d’identité.

Les personnes disposant déjà d’un ancien compte MaPrimeRénov’ peuvent retrouver leurs informations après sécurisation de leur accès.

Pour un ménage qui commence un projet aujourd’hui, il est donc préférable de partir directement du portail France Rénov’ plutôt que de chercher à créer séparément plusieurs comptes.

Un rendez-vous obligatoire avant une rénovation d’ampleur

La rénovation d’ampleur nécessite également davantage d’accompagnement.

Avant de déposer votre demande, vous devez désormais effectuer un rendez-vous gratuit avec un conseiller France Rénov’. Une attestation vous est ensuite remise et doit être intégrée au dossier.

Après ce premier rendez-vous, l’accompagnement par Mon Accompagnateur Rénov’ devient obligatoire. Celui-ci aide notamment à construire les scénarios de travaux, comparer les solutions techniques, préparer le dossier de financement et suivre le chantier.

Son coût peut être pris en charge en fonction des revenus : jusqu’à 100% pour les ménages très modestes, 80% pour les ménages modestes, 40% pour les revenus intermédiaires et 20% pour les revenus supérieurs, dans la limite des plafonds prévus.

Ce parcours peut sembler plus contraignant, mais il vise notamment à éviter qu’un propriétaire engage plusieurs dizaines de milliers d’euros dans des travaux mal coordonnés ou peu adaptés au logement.

Les entreprises RGE restent indispensables

Une règle importante ne change pas : pour bénéficier de MaPrimeRénov’, les travaux concernés doivent généralement être réalisés par une entreprise ou un artisan Reconnu Garant de l’Environnement – RGE.

Cette qualification doit correspondre au type de travaux réalisés. Une entreprise peut être RGE pour une activité et pas nécessairement pour toutes les autres.

Avant de signer, il est donc préférable de contrôler la qualification du professionnel dans l’annuaire officiel et de vérifier sa validité à la date du chantier.

Autre réflexe essentiel : ne commencez pas les travaux avant d’avoir effectué les démarches nécessaires et reçu la confirmation attendue. Pour la rénovation d’ampleur, Service-Public précise notamment que le devis doit être signé après confirmation de l’attribution de la prime.

Ce qui change en 2026, en un coup d’œil

ÉvolutionCe que cela change pour votre projet
Nouveau calcul du DPECertains logements électriques peuvent obtenir une meilleure étiquette
Rénovation d’ampleur cibléeLe logement doit notamment être classé E, F ou G
Parcours par geste recentréTous les travaux ne sont plus aidés individuellement
Rendez-vous France Rénov’Obligatoire avant une rénovation d’ampleur
Compte France Rénov’ uniqueDepuis le 17 août, les démarches Anah sont centralisées
Chauffage gazÀ partir du 1er septembre, il ne pourra plus être conservé dans certaines rénovations d’ampleur de maisons individuelles

Attention également à 2027

Même si votre chantier n’est prévu que dans quelques mois, une autre échéance mérite d’être anticipée.

À partir du 1er janvier 2027, les maisons individuelles classées F ou G au DPE ne pourront plus bénéficier de MaPrimeRénov’ Parcours par geste. Elles devront s’orienter vers le parcours de rénovation d’ampleur.

Pour un propriétaire d’une passoire énergétique qui envisage de réaliser progressivement de petits travaux, le calendrier peut donc avoir une réelle importance.

Attendre 2027 pourrait modifier le parcours d’aide accessible et imposer un projet de rénovation plus global.

Et le reste à charge ?

Même lorsque MaPrimeRénov’ finance une partie importante du chantier, une rénovation énergétique peut laisser plusieurs milliers d’euros à la charge du propriétaire.

Pour une rénovation d’ampleur, MaPrimeRénov’ peut notamment être cumulée avec l’éco-prêt à taux zéro, le prêt avance rénovation, certaines aides de l’Anah et des aides proposées par les collectivités locales. Les travaux concernés peuvent également bénéficier de la TVA à 5,5% lorsque les conditions sont réunies.

Les certificats d’économies d’énergie fonctionnent différemment dans ce parcours : pour une rénovation d’ampleur, ils sont intégrés directement par l’Anah dans le calcul de l’aide et le ménage ne doit pas déposer parallèlement sa propre demande de CEE.

Lorsque les aides et l’épargne disponible ne suffisent pas, un financement complémentaire peut également être envisagé. Dans ce cas, il est important de raisonner à partir du coût total du projet après déduction des aides, et non uniquement à partir du montant affiché sur le devis initial.

Préparer son financement avant de lancer les travaux

MaPrimeRénov’ peut réduire fortement le coût d’un projet, mais son montant dépend de nombreux paramètres : revenus, DPE initial, gain énergétique, type de travaux, aides complémentaires et caractéristiques du logement.

Le meilleur réflexe reste donc de construire le plan de financement avant de s’engager avec les artisans.

Prenons un chantier estimé à 35 000€. Si 18 000€ sont finalement couverts par différentes aides, le véritable sujet financier n’est plus le devis de 35 000€, mais le financement des 17 000€ restant à charge, auquel il faut éventuellement ajouter une marge pour les dépenses imprévues.

Cette vision permet de déterminer plus précisément l’apport personnel nécessaire et, lorsqu’un financement est envisagé, la mensualité réellement compatible avec le budget du foyer.

MaPrimeRénov’ évolue : votre projet doit évoluer avec elle

En 2026, MaPrimeRénov’ reste un dispositif majeur pour financer la rénovation énergétique, mais il devient de plus en plus orienté vers des travaux cohérents et des logements réellement plus performants après rénovation.

Le nouveau calcul du DPE peut favoriser certains logements chauffés à l’électricité, les démarches sont désormais centralisées sur France Rénov’ et les rénovations d’ampleur sont davantage accompagnées. À partir du 1er septembre, la possibilité de conserver un chauffage au gaz disparaît en outre pour les nouveaux dossiers de rénovation d’ampleur concernant les maisons individuelles.

Avant de commander une pompe à chaleur, d’isoler une toiture ou de signer un devis pour une rénovation complète, il est donc indispensable de vérifier les règles applicables à la date du dépôt de votre dossier.

Car avec MaPrimeRénov’, l’ordre des démarches peut être presque aussi important que les travaux eux-mêmes.